Abbé Malumalu : « Tant que la Ceni ne sera pas là, la Cei sera là »

« Tant que la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) ne sera pas là, la Cei (Commission électorale indépendante) sera là. Je ne peux pas faire la remise et reprise avec le gouvernement, ni avec une quelconque institution. Le faire c’est créer un désordre dans le pays et je n’aimerais pas être à la base de ce désordre », a déclaré hier, mardi 31 août 2010, l’abbé Apollinaire Malumalu, président de la Cei lors d’une rencontre organisée par le PNUD sur le thème « Elections et perspectives ». Prenaient aussi part à cette rencontre organisée dans la salle de conférence du PNUD, le team leader du programme gouvernance du PNUD, Karounga Keita, le responsable de la division électorale de la Monusco, Daniel Stroux, plusieurs acteurs de la société civile et les journalistes.   

            A une question relative à la mise en place de la Ceni, le président de la Cei a rappelé qu’à Sun City, lors du dialogue intercongolais, Ketumile Masire, facilitateur de ce dialogue, avait enfermé les acteurs de la société civile dans une salle dans laquelle ils ne devraient en sortir qu’après avoir procédé à la mise en place des animateurs des institutions d’appui à la démocratie. S’il n’avait pas agi de cette manière, les Congolais allaient continuer à tourner en rond.

 « Si l’Assemblée nationale n’adopte pas cette méthode, elle doit au moins prendre des dispositions contraignantes, par exemple en mettant en place un agenda, pour forcer les acteurs politiques à nommer les animateurs de la Ceni », a-t-il recommandé.

            Pour le reste, le président de la Cei n’a pas changé sa rhétorique. « Si les gens persistent à croire que nous sommes dans l’illégalité, qu’ils saisissent la Cour suprême de justice », a-t-il dit en abordant la question de la publication du calendrier électoral dans son introduction au débat qui allait suivre. « Pour le moment, le calendrier électoral est déjà exécutoire en ce qui concerne la revision du fichier électoral.  2011, 2012, 2013 seront des années électorales et il faut déjà retrousser les manches dès maintenant pour participer à ces élections », a dit l’abbé.

            Dans son mot, le responsable de la division électorale a déclaré pour sa part que la Monusco apportera son soutien au processus électoral dans les limites de ses ressources et de ses capacités. Juste après la publication du calendrier électoral, le gouvernement congolais avait introduit une requête aux Nations Unies pour solliciter son appui au processus électoral. A la suite de cette requête, le secrétaire général de l’ONU avait envoyé une mission d’évaluation des besoins qui a séjourné en Rd Congo au mois de juillet et août. Il a d’ores et déjà signalé que la Monusco fournit une assistance limitée par rapport à la contribution de la Monuc en 2006. Certaines tâches dévolues à la Monuc jadis seront prises en charge par le PNUD et ce dernier et la Monusco sont déjà dans une phase de transition, car à l’issue de ce processus électoral, le PNUD prendra l’ensemble des tâches liées aux élections.

            Lors du débat, Daniel Coulibaly, expert du PNUD en matière de gouvernance politique, a soulevé quelques préoccupations. Il estime que les mécanismes de concertation sont essentiels et utiles dans toutes les élections pour que les acteurs se mettent d’accord sur le déroulement du processus jusqu’à son aboutissement. Il estime aussi qu’après avoir suivi certaines émissions dans les chaînes de télévision, la Cei joue un mauvais rôle en défendant certaines choses qui devraient être défendues par le gouvernement qui n’a pas une présence significative au niveau des médias en ce qui concerne les élections. Il fait aussi remarquer que le fichier électoral est source de plusieurs conflits lors des élections, alors en 2013, y aura-t-il une nouvelle révision du fichier électoral, car si le même fichier cela risque d’accentuer certaines tensions. 

Réagissant à ces préoccupations et apparemment sans convaincre l’expert onusien, l’abbé Malumalu a répondu, pour le premier volet, « qu’il y a des concertations techniques. La publication du calendrier électoral est le premier signal qui a été suivi par des concertations ».  Pour le second volet, le président de la Cei a déclaré : « Si nous sommes interpellés, nous allons répondre. Nous n’allons chercher des béquilles du côté du gouvernement à cette fin. »  Pour la révision du fichier électoral, le président de la Cei a dit qu’ « on risque d’aller d’une révision à une révision. On ne peut pas toujours réviser car c’est trop lourd, et on risque de ne jamais aller aux élections. »  Donnant le budget de la révision du fichier électoral, à savoir 148.922.594 dollars américains, l’abbé Malumalu a coupé court à cette préoccupation : « Il faut décider et trancher. »

            Profitant de cette question, il a évoqué le problème de la vétusté des machines. Pour lui, cette accusation est sans fondement. « Quand une machine est en panne, ce n’est pas parce qu’elle est vieille. Une panne peut provenir de plusieurs sources, par exemple une fausse manœuvre de l’opérateur de saisie. Il faut débloquer la machine par un code».

Jean-René Bompolonga

 

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