9ème réunion du comité de politique monétaire élargi :Masangu satisfait mais inquiet

Sourire au coin des lèvres au sortir de la 9ème réunion du Comité de politique monétaire, le président de cette structure, Jean-Claude Masangu, affichait toute sa satisfaction face à la situation économique et financière de notre pays évaluée au 20 septembre. Sa lecture des paramètres du tableau de notre économie, ne permettait mardi dernier, aucun doute.          

            Sur le marché des biens et services, il a noté un ralentissement du rythme hebdomadaire de formation des prix et un taux d’inflation hebdomadaire qui s’est établi à 0,14 % au 19 septembre contre 0,16 %, une semaine auparavant. Cette évolution de la situation économique établit, à ses yeux, une  inflation cumulée à 5,27 %. Ce qui donne en termes annualisés, une inflation se situant à 7,48 % contre un objectif annuel de 9,9 %.

Des faibles pressions ont cependant été enregistrées sur les différents segments du marché des changes avec des dépréciations du taux de change respectivement de 0,2 % à l’interbancaire, 0,4 % sur le marché libre et 0,4 % au marché parallèle.

            Un regard attentif sur le marché monétaire dégage une baisse des pressions sur la liquidité bancaire. Au niveau de la BCC, la marge de positivité du taux directeur s’est stabilisée autour de 14,5 points, alors que le taux moyen pondéré des BTR a chuté significativement pour s’établir à 13,5 ù au 15 septembre contre 15 % une semaine plus tôt.

Toutes ces évolutions, pour le président du Comité de politique monétaire élargi, tiennent essentiellement au choc cyclique lié notamment à la pression de la         demande au cours du mois de septembre à la suite de la rentrée scolaire et à une hausse de la demande des devises. En dépit de cette évolution, le cadre macro-économique demeure relativement stable.

            Manipulés avec beaucoup de tact, les instruments de politique monétaire ont permis de neutraliser 70,5 milliards de Francs congolais via les billets de trésorerie à concurrence de 31,3 milliards de Francs congolais. La réserve obligatoires’est située à 21 milliards de Francs congolais et les recouvrements du refinancement à 18,2 milliards de Francs congolais.

            Ce qui n’a pas été souligné suffisamment est que le président Jean-Claude Masangu émet toutefois des craintes sur le risque d’inflation que peuvent générer les coûts liés à la hausse des prix de certains produits sur les marchés internationaux. Notre économie étant extravertie, ces inquiétudes se justifient, car souvent, dès que l’économie internationale tousse, l’économie congolaise est également affectée. Aussi le Comité de politique monétaire élargi avait décidé de maintenir le dispositif actuel de politique monétaire en vue de prévenir des effets de second tour. Le taux directeur et le coefficient de la réserve obligatoire restent pour leur part, maintenus respectivement à 22 % et 7 %.

            Recommandation faite à la BCC, une politique prudente en matière des achats des devises. Et les membres du Comité de politique monétaire ont par ailleurs noté avec satisfaction la poursuite de la coordination des politique budgétaire, monétaire et de change, laquelle s’avère indispensable pour la pérénnisation de la stabilité du cadre macro-économique.

            A la question du Phare de savoir pourquoi les objectifs macro-économiques ont été revus à quelques mois de la fin de l’année 2010, notamment en ce qui concerne l’inflation qui est passée de 15 % à 9 %, le taux de change à 5,4 % et la croissance économique à 6,1 %, le président Jean-Claude Masangu répond que notre pays avait enregistré une bonne performance par rapport aux objectifs fixés. En annualisé, on le sait, l’inflation s’est située à 7,48 % contre un objectif annuel de 9,9 %. En l’espace de quatre mois, l’Institut d’émission est intervenu à plusieurs reprises sur le marché monétaire. Ce qui a permis de stériliser une masse importante des liquidités et de stabiliser de manière satisfaisante, la situation monétaire. J.R.T.  

 

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