550 millions de dollars versés à la Gécamines

C’est un véritable coup de tonnerre qui secoue depuis quelques jours les travailleurs de la Gécamines. Alors que leurs dirigeants leur demandent depuis des années de faire preuve de compréhension et de patience au sujet de leurs droits, ils viennent d’apprendre que leur entreprise présente un bulletin de santé qui ne devrait pas être le sien.
En effet, selon des informations reçues de bonne source, la Générale des carrières et des mines a reçu plusieurs ballons d’oxygène en termes d’apports financiers. Ces ballons lui ont été remis par plusieurs sociétés qui travaillent en partenariat avec elle. Toujours d’après ces sources dont la crédibilité ne fait aucun doute, les fonds reçus par la Gécamines doivent avoir largement dépassé le milliard de dollars, une cagnotte largement suffisante pour permettre à la société de se remettre sur les deux pieds, et surtout, de régler les différentes ardoises dues aux travailleurs qui continuent de ronger leur frein.

Le Phare qui a réussi à ouvrir certains placards est aujourd’hui en mesure de révéler aux millions de Congolais en général et de Katangais en particulier que contrairement aux informations généralement véhiculées, la Gécamines a reçu de très importantes sommes d’argent depuis quelques années et elles devrait, pour des raisons de transparence vis-à-vis de l’Etat propriétaire, donner des précisions sur la destination que cet argent a prise. Pourquoi, à la suite de la thérapie de choc lui administrée pendant sa longue traversée du désert, ne reconnaît-elle pas la présence sur ses comptes de ces sommes colossales qui l’ont préservée d’une mort que tout le monde croiyait inéluctable ?

Pourtant, les archives parlent d’elles-mêmes. Elles signalent, pour les besoins de l’histoire et de la vérité, que le Groupe Forrest International par exemple, a déboursé ces dix dernières années, plus d’un demi milliard de dollars américains – 550 millions de dollars plus précisément – en termes d’appui financier aux projets miniers ficelés entre ses filiales et la Gécamines. En marge de ces différents partenariats, il a dû intervenir jusqu’à hauteur de 55 millions de dollars américains pour amener la SNEL (Société Nationale d’Electricité) à rendre disponible l’énergie électrique indispensable à la prospection et à l’exploitation minières.
Tous ceux qui ont encore en mémoire l’image d’une Gécamines prête à rendre son dernier soupir et abandonnée par les partenaires extérieurs à cause de son lourd endettement et de ses équipements devenus obsolètes savent combien a été salutaire la bouée de sauvetage venue du Groupe Forrest International. Certains analystes pensent que cette société publique ne dit pas la vérité à son propriétaire, entendez l’Etat congolais, en ce qui concerne les différents montages financiers qu’elle a eu à conclure avec ses partenaires pour sortir la tête du gouffre.

Si tel est le cas, il y a lieu d’en appeler à la transparence dans les rapports qu’elle adresse à l’Etat congolais. Tout comme on devrait s’interroger sur les mécanismes de contrôle au niveau de l’Etat qui auraient dû découvrir le pot aux roses et favoriser une meilleure gouvernance non seulement au niveau la Gécamines mais de toutes les entreprises du portefeuille de l’Etat. La République Démocratique du Congo, aujourd’hui rangée au rang des pays pauvres très endettés, est tombée au bas de l’échelle parce que l’effort nécessaire pour assurer la défense du bien collectif est rarement constant et soutenu. Il est temps que les consciences s’éveillent sur ce terrain et favorisent le retour sur la scène de ce géant du continent dont le réveil sera aussi celui de l’Afrique.

Kimp

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