1ère Guerre mondiale : les «vétérans» congolais refusent l’oubli

congo belgeAfin de rendre hommage aux soldats congolais de la Force publique (armée du Congo belge), qui avaient participé à la première et deuxième guerre mondiale ( 1914-1918 et 1940-1945), une cérémonie a été organisée hier 11 novembre 2014, dans la Maison des Anciens combattants à Kasa-Vubu. Ont pris part à cette manifestation, plusieurs autorités tant nationales qu’internationales dont des ambassadeurs, ministres, députés, le bourgmestre de la commune de Kasa-Vubu, etc.
D’entrée de jeu, la  représentante du vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants empêché, a indiqué que la première guerre mondiale est le premier confit armé de l’histoire qui a impliqué des pays de tous les continents dont la RDC, à l’époque Congo belge. C’est ainsi que le pays s’est associe aux autres nations qui ont pris part à cette guerre, pour le retour total de la paix dans le monde. Pour elle, la Maison des Anciens combattants qui a servi de cadre pour ladite commémoration, est une postérité léguée aux générations futures, afin de pérenniser la bravoure dont avaient fait preuve les vétérans de deux guerres, qui d’une part sont tous morts et les autres, devenus aujourd’hui octogénaires, marchant à peine sur trois jambes.

Par ailleurs, elle a  assuré les quelques combattants présents, que son ministère sous la direction du président de la République, sera toujours à leur écoute et ne ménagera aucun effort pour défendre leurs intérêts, conformément au statut qui les régit.

Bref historique de la participation du Congo aux deux guerres mondiales
Pour sa part, le Secrétaire national de  l’Union nationale des Anciens combattants (UNACO), a exposé en quelques lignes l’historique de cette guerre meurtrière et de celle de 1940-1945, auxquelles le président de cette association présent à la cérémonie, avait personnellement pris part.
En effet, a-t-il raconté, au moment où la guerre a éclaté en Europe, le gouvernement belge ne disposait pas au Congo d’une armée suffisamment entrainée et équipée, pour faire face à ce genre de situation. La Force publique ne comptait que quelques effectifs éparpillés sur l’ensemble du territoire pour y assurer la protection, le maintien de l’ordre et la tranquillité.
En septembre 1914, soit  un mois après le déclenchement de ladite guerre, a précisé le secrétaire national de l’UNACO, la Force publique s’engagea dans la campagne du Cameroun aux côtés des troupes françaises et anglaises, aux combats de Nzimu, Mozo, Asebam, etc.  Les combattants congolais se comportèrent dignement, à la satisfaction du commandement de la France. Et c’est en janvier 1916 que la campagne se termina avec la chute de Yaoundé et le repli des troupes allemandes en Guinée.
Il a toutefois rappelé qu’en 1914, les troupes allemandes avaient également menacé le Kivu et le Tanganyika. Le commandant belge, en attendant de réunir toutes ses forces, décida de mener des actions défensives, alors que les troupes du Katanga collaboraient déjà avec les forces britanniques, notamment aux combats de saisi (juin et juillet 1915).
Vers le mois d’avril 1916, le général Tombeur donna l’ordre aux brigades des colonels OLSEN et Molitor de conquérir les territoires occupés par les ennemis. Ces derniers furent repoussés notamment par la victoire de Kato, le 3 juillet 1916.
Après leur conquête en trois mois du Rwanda et Burundi, les troupes congolaises étaient de nouveau chargées de repousser l’ennemi loin du chemin de fer vital de Dar-es-Salaam, à Kigoma. Aussitôt fait, la brigade Olsen occupa alors Kigoma pendant que celle de Molitor s’installa au sud du lac Victoria. Le 20 septembre de la même année, les deux brigades occupèrent Tabora et puis  s’ensuivirent  les  victoires de Sonde, Zimanganga, Mahenge, Saio et Assossa.
Le secrétaire national de l’Unaco a tenu à préciser que toutes ces victoires ont eu un bilan lourd pour les troupes congolaises, soit 9 millions de morts.

Encore une fois, le Congo appelle à une nouvelle guerre
Continuant son récit,  le secrétaire national de l’Unaco  a signalé  qu’aussitôt la 1ère  guerre mondiale terminée, il fallait réorganiser la Force publique pour lui imprimer un caractère défensif. C’est en ce moment qu’avait vu le jour le décret organique de 1919, qui assigna à la Force publique, d’une double mission à savoir : – assurer l’occupation du territoire et le maintien de l’ordre publique ;
– la défense du territoire national.
Le 1er mai 1940, a-t-il renseigné, l’Allemagne viole la neutralité de la Belgique. Après un combat qui dura 10 jours, les armées belge et française furent vaincues. Réfugié à Londres,  le gouverneur belge déclara à la radio de Léopoldville que « le Congo était dans cette guerre, l’allié le plus important de la Belgique. Et qu’il était tout entier au service de l’alliance et de la patrie… ».
Etant donné que le Congo était une colonie belge et ne pouvait que se plier à ces propos, le secrétaire national de l’UNACO a fait savoir que la Force publique était obligée d’entrer en guerre dès le 1er février 1941. Elle signa à cet effet les victoires d’Assossa, Saïo, Gambela dans la colonie d’Abyssinie et au Nigéria, en traversant le Soudan et l’Egypte avant d’atteindre la Palestine.

Plaidoyer de quelques rescapés aux autorités
Avant de lancer un message fort aux autorités tant nationales qu’internationales,  le secrétaire national de l’UNACO a fait savoir que sur les 25.000 soldats congolais qui ont participé à la guerre de 1940-1945, il ne reste que quatre survivants ici dans la capitale. Parmi eux, a-t-ajouté, deux sont gravement malades, un est devenu aveugle et il ne reste qu’un monument vivant qui marche encore. Ce dernier répond au nom d’Albert Kunyuku Ngoma, président national de l’UNACO.
D’où il a sollicité des gouvernements congolais et belge, au nom de tous les soldats qui ont consenti des sacrifices et sont morts avec honneur pendant les deux guerres mondiales et de quelques survivants abandonnés à eux-mêmes, le bénéfice de leurs primes de guerre à l’instar d’autres pays qui ont aussi participé à ces deux guerres. En plus de cela, il leur a également demandé de soutenir ces pauvres gens et d’assurer leur prise en charge médicale pour des soins médicaux  et d’approvisionner leur dispensaire.
Avant de clore son allocution, il a exprimé le vœu de voir le gouvernement belge s’investir totalement sur la situation des survivants congolais de deux guerres mondiales, car l’histoire ne meurt jamais.
Pe

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