Félix_KABANGE_ministre_sante_rtmDans un entretien lui accordé hier par notre consœur de la Radio Okapi, Mme Agathe MPONA Elema, le Dr Félix KABANGE Numbi, ministre de la Santé, a déclaré que « ses services ont rehaussé le seuil de surveillance des fièvres hémorragiques en général et Ebola en particulier ». Cette sortie médiatique d’un membre du Gouvernement central intervient juste au moment où dans les Etats de ce que l’on nomme « l’Axe du Mal », entendez la Sierre Léone, le Libéria et le Ghana, le nombre des victimes de ce fléau ne cesse d’augmenter à un rythme qui inquiète.

         La fièvre EBOLA  constitue une menace certaine pour les populations de ces pays d’Afrique de l’Ouest et bien au-delà car au Nigéria l’on a déploré des victimes additionnelles particulièrement des gens qui ont eu le malheur de transiter par ces Etats de l’Axe du Mal. Pour preuve, tous les chefs d’’Etats de cette sous-région n’ont pas fait le déplacement de Washington pour prendre part à ce sommet USA/AFRIQUE à l’invitation leur adressée par Barack OBAMA. Raison pour laquelle tous les voyageurs en provenance de ces pays ont été soumis à des contrôles d’hygiène et sanitaires très stricts au niveau des différents points d’entrée du territoire américain.

         Mais seulement voilà ! Tout en se montrant rassurant, qu’est ce qui a poussé le Ministre de la Santé à recommander les populations congolaises de respecter scrupuleusement les mesures d’hygiène ? Est-ce parce des informations en sa possession indiqueraient que des cas des malades souffrant de cette fièvre d’Ebola auraient été découverts à Kinshasa et dans ses environs ?

         Cependant, sans verser dans l’optimisme facile, le gouvernement central devrait au contraire rassurer les populations par la mise en place des mécanismes et dispositifs sécuritaires stricts de contrôle sanitaire et hygiénique au niveau des différents points d’entrée et de sortie du territoire national. Etant donné la vaste étendue du territoire national aux dimensions d’un continent, car non seulement les frontières sont poreuses ne disposant pas des structures de surveillance et ensuite la RDC est entourée par 9 voisins en plus de l’Océan Atlantique. Or, l’on observe un flot des voyageurs par avion, mer, routes entre le Congo et les pays d’Afrique de l’Ouest. Essentiellement pour des raisons d’affaires et cela va des provinces de l’Est, du centre et de l’Ouest. De sorte que les risques de contagion peuvent atteindre tous les coins et recoins du pays.

         Des cas des malades souffrant de la fièvre d’Ebola viennent d’être découverts au Nigéria qui entretient des échanges commerciaux réguliers avec le Cameroun, le Gabon, le Tchad, la RCA et le Congo-Brazzaville, voisins de la RCD. Le danger est donc permanent à la suite de tous les mouvements migratoires qui s’effectuent par air, mer, routes entre ces Etats.

         On rappelle que  la RDC a été le tout premier pays à subir les affres de cette épidémie, notamment entre 1976-78 et 1994. A l’époque l’on avait parlé de la fièvre de Yambuku, une localité de la province de l’Equateur qui mobilisa de nombreux chercheurs provenant des laboratoires d’Amérique et d’Europe. Le singe fut tenu pour responsable propagateur de ce virus. En 1994, la même fièvre fit des ravages dans la ville de Kikwit mais elle fut maitrisée par l’équipe du professeur MUYEMBE Tamfum, l’un des célèbres microbiologistes. Comme cela n’arrive pas qu’aux autres, les autorités centrales devraient prendre des mesures préventives pour parer au plus pressé car la RDC a été à deux reprises victime de ce fléau.

                   F.M.  

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