16 millions d’euros pour électrifier Kisangani

 « Nous nous attelons à produire, d’ici la fin de l’année 2012, 7 mégawatt, supplémentaires d’électricité par la remise du groupe 1 de la centrale hydroélectrique de la Tshopo afin d’améliorer les conditions de vie des populations de Kisangani… ». Tel est le défi du Projet « Appui à la fourniture de l’électricité à la ville de Kisangani »(AFEK) présenté aux médias congolais le vendredi 1er juin 2012 lors d’une conférence de presse animée par l’assistant technique, Alain Nubourgh, au siège de la représentation de la Coopération Technique Belge en RD Congo (CTB/RDC).

 En effet, a expliqué ce technicien belge, la Direction provinciale de la Société Nationale d’Electricité(SNEL) n’étant pas en mesure de faire face à la demande croissante en énergie pour alimenter les usines, les commerces et les maisons d’habitation, le projet « AFEK » s’est fixé l’objectif de réhabiliter partiellement les réseaux de moyenne et basse tension de la ville de Kisangani. Il vise également à faire supprimer par la SNEL les branchements illicites afin d’augmenter le nombre d’abonnés domestiques de moitié. Enfin, l’AFEK envisage de mettre sur pied des mesures d’accompagnement qui permettront d’augmenter les capacités techniques et matérielles de la SNEL à Kisangani, afin d’améliorer le taux de recouvrement, ainsi que la maintenance et la fiabilité de ses installations. 
Pour atteindre ces objectifs, a souligné Alain Nubourgh, la Belgique a disponibilisé une enveloppe de 16.500.000 d’euros qui sera gérée conjointement par la CTB et le ministère congolais de l’Energie. A ce jour, quelques étapes essentielles sont déjà franchies. Il s’agit, entre autres, de la finalisation des études techniques dans la ville de Kisangani afin de bien appréhender le problème dans sa globalité ; la désignation de l’entreprise qui se chargera de la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de la Tshopo ; la réception de la turbine et l’alternateur en usine ; l’installation des câbles et poteaux ; la livraison à la SNEL des appareils de mesure pour le contrôle des câbles ; la réception de nouveaux transformateurs et de nouvelles cabines ; etc. 
Ce qui reste à faire, a déclaré Alain Nubourgh, c’est l’examen de l’expertise des vannes du barrage pour travaux ultérieurs, l’installation de la nouvelle turbine et du nouvel alternateur du groupe 1, la finition des travaux du réseau de distribution et l’installation de 16 nouvelles cabines MT/BT, l’achat de compteurs à prépaiement, la mise en service de trois Centre de vente et de service( CVS).  
Il convient de rappeler qu’avec près d’un million d’habitants, Kisangani est la 3ème ville de la RDC, mais éprouve depuis longtemps de nombreuses difficultés à relancer ses activités économiques et sociales, en raison notamment des dysfonctionnements au niveau de la production et de la distribution de l’énergie électrique. 
Par ailleurs, les observateurs avertis notent que ce problème énergétique risque de s’amplifier avec la construction à 60 km de la ville d’une cimenterie, dont les besoins énergétiques équivalent à 80% de la capacité totale de l’actuelle centrale hydro-électrique (13 mégawatt). Par conséquent, celle-ci ne sera plus en mesure d’alimenter les usines et les consommateurs privés (environ 16.000 abonnés domestiques et professionnels). 
 
Tshieke Bukasa 

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