16 jours d’activisme contre les violences sexuelles : médias, solution ou frein à la lutte ?

Genderlinks, une Ong militant pour la cause de la femme, basée en Afrique du Sud et l’Union Congolaise des Femmes des Médias (UCOFEM), ont procédé le jeudi 18 novembre au lancement d’un cyber dialogue auquel ont pris part les pays de l’Afrique australe.
Les participants  à cette activité ont débattu de la question  relative au thème: « les médias, frein ou solution à la lutte contre les violences basées sur le genre ».

 Dans le corps du débat, certains ont soutenu que l’action des médias  consisterait  à dénoncer cet acte barbare et à attirer l’attention des pouvoirs publics qui sont censés protéger les populations et punir les coupables. D’autres ont insisté  sur la question de responsabilité et d’un code d’éthique dont bien souvent les medias passent outre aux dépens de l’individu. Ils pensent que  les médias doivent orienter leur façon de parler du sexe. Plus, ils l’exaltent, plus cela attire l’attention des gens. « C’est un peu comme dans le monde de la musique où il n’y a que la femme, le sexe et la boisson », se sont-ils exprimés. Avant de reconnaître le travail remarquable des médias, celui de  faire parler des femmes victimes dans l’anonymat, et soutenir que les médias peuvent être une solution. Pour d’autres, les médias  constitueraient un vrai lobbying le jour où ils se mettraient à vulgariser les instruments juridiques ayant trait à la question et marteler là-dessus en parlant dans leurs émissions et colonnes de leurs journaux.

    Concernant la question ayant trait au rôle que les médias peuvent jouer pour mettre fin à la violence basée sur le genre, les interlocuteurs s’en sont tenus au principe d’éthique et de sensibilisation du public sur  des actes commis au nom de la violence. Dénoncer et montrer les dangers de ces violences non seulement pour les victimes et pour toute la communauté, mais aussi pour que les pouvoirs puissent agir.
 À l’occasion, il a été recommandé aux associations spécialisées de mener des actions de lobbying et aux médias de contribuer à la diffusion de leurs actions, afin que celles-ci soient inscrites dans l’agenda des décideurs. Bref, trouver des solutions ensembles  Media, autorité, société civile, police, etc. –  peut aider à diminuer ce fléau.                 
    Quant aux cas des violences avérées, les média feraient mieux  d’aller sur le terrain et avoir les voix des femmes, leurs enfants et l’entourage en vue d’équilibrer le contenu de leurs articles.
  Une autre idée est celle d’encourager une synergie entre les médias et le monde associatif qui promeut les droits des femmes. De telle sorte que ces associations maintiendront la pression sur les médias et sur les  décideurs dans les entreprises de presse. Il leur est demandé d’accorder un peu plus de place aux informations en rapport avec les violences basées sur le genre.                           Sylvestre Saïdi Nyota

Leave a Reply